Conscience versus sensibilité environnementale

    Le dernier baromètre « Français et consommation responsable », élaboré par GreenFlex avec le soutien de l’Ademe en 2017, nous apprend que la pollution est le premier motif d’inquiétude des citoyens concernant l’environnement (28,8%), suivie de près par l’extinction de la faune et de la flore (24,6%). De quoi se rassurer alors. Chacun va agir dans son quotidien, chacun va chercher à réduire sa consommation d’énergie, à consommer local, etc. Bref, allez, ça va aller… ou pas ! Car malgré le fait que la majorité des Français aient parfaitement conscience des problématiques environnementales, l’action, elle, est encore très partielle.

     

    En fait, tout cela est une histoire de représentation sociale. La représentation sociale est la représentation d’une situation, là en l’occurrence les problématiques environnementales, portée par un individu en fonction de ce qu’il porte en lui : son éducation, sa culture, etc. Ainsi, pour chaque individu, l’environnement est une construction subjective, d’abord personnelle, fonction de ses représentations et de ses valeurs. De fait, cet individu n’étant pas seul, cette construction subjective devient vite collective. Et au niveau de ce collectif, pour que les problématiques environnementales soient prises en compte, elles doivent être considérées par une prise de conscience généralisée qui unit l’ensemble des individus d’une même sphère sociale. Une conscience généralisé indique, certes des contraintes, un souci partagé et une démarche collective, avec des intérêts collectifs et des intérêts personnels.

     

    Par contre, à partir du moment où la conscience n’est pas généralisée et parfaitement partagée, où il y a des distensions entre les intérêts collectifs et individuels, cela conduit très rapidement à des conflits entre discours et comportements, bonnes intentions et actes au quotidien. Selon la sociologue Laure Draetta, « d’un côté, on retrouve la reconnaissance des problèmes, […] et le désir d’agir en faveur de la protection environnementale, de l’autre, on retrouve le vécu qu quotidien qui ne reconnaît pas toujours, sur le plan pratique, la préoccupation pour l’environnement.

     

    De la prise de conscience à l’action

     

    Ainsi, il existe un lien fort entre les représentations sociales de l’environnement et l’action, ou plutôt l’inaction. Pour expliquer ce décalage entre le « je sais que je dois agir mais » et le « j’agis et », Laure Draetta distingue la conscience et la sensibilité environnementale. La conscience est le «  je sais que je dois agir mais ». Dans ce cas, l’environnement est présent dans les représentations sociales et cette conscience est un apprentissage de la préoccupation de l’environnement, qui se fait sous l’influence des autres, de la culture, de facteurs externes. C’est d’ailleurs cette conscience qui s’exprime dans les sondages. La sensibilité est le « j’agis et ». Dans ce cas, les représentations sociales sont suffisamment solides pour influencer directement les comportements. Des facteurs internes, valeurs et idéologies, acquises durablement, à l’individu agissent comme une grille d’analyse et lui permettent de se positionner et d’agir.

     

    En conclusion, seule l’intégration durable de valeurs écologiques, tout au long du parcours de l’individu, partagées par son environnement proche, par son environnement culturel (effet de renforcement), facilitera des conduites environnementales. 

     

    L'éducation à l'environnement dès le plus jeune âge en milieu scolaire est une solution permettant cette intégration durable des valeurs écologiques, à condition vous l'avez compris, que cette éducation soit renforcée par un simultané dans la famille notamment.

     

    Photo by Alena Koval from Pexels 

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