Pourquoi être une victime d’une catastrophe naturelle est inefficace pour prendre conscience des changements climatiques ?

    L’exemple des États-Unis peut faire cas d’école mais il devient tout aussi valable en France depuis quelques étés : lorsque la côte Est de l’Amérique ou le Nord de la France ont les pieds dans l’eau pendant que la côté Ouest ou le Sud de la France brûlent par un manque d’eau criant. Les catastrophes naturelles se succèdent, toutes plus violentes les unes que les autres. On pourrait alors penser que l’après catastrophe et le moment idéal pour faciliter une prise de conscience des problématiques écologiques. Il n’en est rien !

     

    Certes, il est impossible pour les scientifiques aujourd’hui d’établir un lien direct entre une catastrophe naturelle précise et les changement climatiques. Et pourtant, à chaque incendie, typhon ou ouragan dévastateurs se posent les mêmes interrogations. Y a t-il un lien ? Ces évènements météorologiques majeurs vont-ils se poursuivre ? De plus en plus forts ? De plus en plus ravageurs et tueurs ? La population et la classe politique vont t-elles alors comprendre l’urgence climatique et changer, prendre enfin des décisions en faveur d’une transition énergétique ? Aux premières questions, oui. A la dernière, non. C’est ce que démontrent aujourd’hui toutes les études en psychologie réalisées après un catastrophe auprès d’une population victime.

     

    Un sentiment d’invulnérabilité

     

    Comme l’explique George Marshall dans son livre « Le syndrome de l’autruche », les survivants de catastrophes naturelles ou d’accidents de vie ont tendance à avoir un sentiment illusoire d’invulnérabilité. Pour la simple et bonne raison que ces personnes sont persuadées que cet accident n’arrivera pas une seconde fois. Dans certain côté, c’est faire preuve d’un grand optimisme que l’on ne peut reprocher. D’un autre côté, cette confiance excessive amène à repousser à plus tard, (trop tard?) les questions des liens entre catastrophes naturelles et dérèglements climatiques. Ainsi, les sinistrés Australien des inondations spectaculaires de 2012 ont utiliser leurs indemnisations et remboursements d’assurance pour faire des travaux chez eux et renouveler la cuisine.

     

    Les récits de solidarité plus forts

     

    Ainsi, les victimes de canicules, d’inondations, etc. préfèrent retenir en premier ordre ce qui se passe concrètement et de suite à la catastrophe, c’est à dire, l’entraide entre les habitants, la cohésion des femmes, des hommes, pour reconstruire et faire disparaître les traces, pour reléguer au plus vite au rang des mauvais souvenirs ce qu’ils viennent de vivre. Dans ces moments douloureux, par la perte de proches, de son logement, de son emploi, les dérèglements climatiques ne font pas peur et au contraire, naît le désir profond de sécurité et de revenir à une situation de vie normale. La communauté, citoyens, élus politiques, etc. fait ainsi le choix de retenir la solidarité entre tous et réprime volontairement la délicate question du changement climatique qui signifierait de remettre en questions des valeurs et des modes de vie.

     

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