De la dissonance cognitive à l'hypocrisie induite

    Au milieu du XXe siècle aux USA, plusieurs chercheurs ont démontrés que nous, individus, sommes à la recherche permanente d'un état d'équilibre psychologique entre nos pensées et nos actes. Parmi les théories, la plus célèbre est sans nul doute celle de Festinger en 1957 au sujet de la dissonance cognitive. 

     

    Festinger part du postulat que tout individu est à la recherche d'un état d'équilibre interne, c'est à dire d'une cohérence entre toutes ses cognitions : les connaissances, les attitudes et les comportements. En effet, lorsque deux cognitions sont en lien l'une avec l'autre, qu'il existe un rapport significatif entre elles, celles-ci peuvent être consonantes ou dissonantes.

     

    Si elles sont consonantes, alors l'une découle de l'autre. Par exemple, "je sais qu'il y a nécessité à réduire la consommation d'énergie fossile" et " j'utilise ma voiture uniquement pour des déplacements importants". On parle au contraire d'inconsistance lorsque les deux cognitions entretiennent une relation incompatible. Par exemple "je sais que fumer est dangereux pour ma santé" et "je fume un paquet de cigarettes par jour". Cette incompatibilité est à la source d'un malaise psychologique ressenti par l'individu que Festinger appelle "dissonance cognitive". Cet état de dissonance peut contribuer à la motivation au changement de comportement car lorsqu'il est ressenti, l'individu cherche à réduire le malaise et retrouver un état d'équilibre. Pour atteindre cet état d'équilibre, différentes solutions s'ouvrent à la personne : 

    • le changement d'attitudes ( pensées)
    • le changement de comportements
    • la rationalisation : trouver des arguments pour justifier un choix, aussi mauvais soit-il ( cigarette pour la santé)
    • la trivialisation : dévaloriser un comportement ( "mon voisin prend sa voiture pour faire 2kms tous les jours")

     

    Les différentes révisions de cette théorie proposées par la suite ont abouti à la définition du paradigme de l'hypocrisie induite. Lorsqu'un individu réalise un comportement problématique, la dissonance existe surtout à cause de l'atteinte que le comportement problématique porte à des éléments importants du SOI. La théorie complémentaire de l'auto-consistance part de l'hypothèse que les personnes ont un concept de soi positif, c'est à dire qu'ils ont de hautes attentes concernant les propres comportements et leur façon de se conduire en général. Ainsi, ceux ayant un concept de soi positif s'attendent eux-mêmes à agir en conséquence. Et si ils adoptent un comportement qui ne correspond pas à ces attentes où à l'idée de leur soi, la dissonance est alors de mise. L'objectif est donc un retour au soi, par un changement de comportement. 

     

    Dans le but de valider ces éléments théoriques, les chercheurs ont donc expérimentés cette hypocrisie induite. Ce paradigme comporte deux étapes : 

    • une phase engageante : les individus sont amenés à défendre publiquement un comportement positif et valorisant
    • une phase de rappel : ces mêmes individus sont amenés à répondre à un questionnaire qui montre les fois, par le passé, où ils n'ont pas agi dans le sens de l'argumentaire de la première phase. 

    Cette seconde phase permet la prise de conscience de l'écart existant entre ce que les individus défendent et ce qu'ils sont réellement. Ces expériences sont d'autant plus efficaces sur les changements de comportements lorsque la phase engageante est publique et la phase de rappel privée. 

     

     

    Écrire commentaire

    Commentaires: 0
    Matrix themes
    Close